Le fabuleux destin de Poker Alice

Vous le savez tous, le jeu de poker n’est pas né de la dernière pluie ! Embarquez un instant avec nous, au temps des saloons, des cow-boys et des indiens, pour une histoire palpitante du plus mythique des jeux de cartes. Au cours de notre périple américain, nous allons vous faire découvrir les péripéties de la première joueuse de poker professionnelle : Alice Poker ! Entre voyages, pistolets et amours, c’est une histoire palpitante que nous allons tenter de faire revivre… Le temps de plusieurs mains gagnantes.

Le poker pour vivre à l’époque du Far West

De son nom de naissance, Alice Nevers, a traversé l’Atlantique avec sa famille pour s’installer dans l’Etat de Virginie au début de l’année 1851. Du fait de la ruée vers l’or, Alice s’installe dans le Colorado où elle y rencontre un homme, Frank Duffield, amateur de poker. Avant sa mort causée par une explosion accidentelle dans une mine, le mari d’Alice avait laissé un héritage très important aux yeux d’Alice : la pratique du poker !

En effet, selon la légende, Alice se déplaçait fréquemment avec son mari lors de ses parties de cartes endiablées. Par l’observation, elle aurait ainsi appris toutes les bases et les stratégies essentielles pour remporter une partie de poker. C’est notamment cette pratique qui lui a permis de subvenir à ses besoins, tout juste veuve. Alors qu’aucun métier « réservé » aux femmes ne l’intéressait, Alice décide alors de vivre entièrement du jeu de cartes ! Grâce à des atouts que seule, une jeune femme de l’époque possédait autour des tables, Alice a su tirer son épingle du jeu pour dépouiller un bon nombre d’hommes qui misaient tous leurs revenus au poker. Suite à ces premières victoires, la légende est née…

Entre machistes, pistolets et romances bluffantes

De par le bouche à oreille, la réputation d’Alice a tellement grandi qu’une foule de mineurs se précipitaient dans les saloons pour se mesurer à la fameuse joueuse de poker. On raconte même que les propriétaires des établissements la suppliaient de venir s’attaquer aux habitués de leurs salles de jeu ! Ses adversaires en étaient toutefois avertis puisqu’elle n’hésitait pas à débuter une partie avec cette phrase : « Priez le Seigneur puis faites vos jeux, car je vais prendre tout votre argent sans aucun regret. »

Alors que tous les joueurs commençaient à l’appeler Alice Poker, la jeune femme tomba amoureuse d’un peintre en bâtiment, Warren Tubbs qui est, par la suite, devenu son compagnon de jeu. D’ailleurs, lors d’une partie à suspens, un de leur adversaire brandit un couteau pour menacer le compère d’Alice. Cette dernière, loin d’être intimidée, usa de son pistolet pour tirer dans le bras du mauvais joueur qui avait, sans doute, trop bu pour accepter sa défaite.

« Priez le Seigneur puis faites vos jeux, car je vais prendre tout votre argent sans aucun regret. »

Suite à de nombreux gains encaissés, Alice s’est rangée en fondant une famille et en achetant un ranch avec son compagnon Warren. Néanmoins, à sa mort, l’histoire a semblé se répéter puisque Poker Alice remit le pied à l’étrier pour aller défier les meilleurs joueurs de poker et ainsi, tenter de gagner sa vie.

Alice dans la légende du jeu de cartes

L’histoire d’Alice Poker est passionnante et ponctuée d’anecdotes toujours aussi croustillantes. Après la mort de son troisième mari, la joueuse de poker s’est lancée dans une toute autre aventure en créant son propre saloon. A l’époque de la Prohibition, Alice Poker vendait tout de même de l’alcool pour accompagner les amateurs de jeux jusqu’au jour où un soldat, enivré, causa une bagarre dans son établissement.

Cigare à la bouche, Alice ne s’est pas laissée faire et tira sur l’homme de son calibre 38. Emprisonnée, puis acquittée, l’amatrice de poker a continué à vivre du jeu de cartes, mais aussi de sa petite affaire. Jusqu’à sa mort à 79 ans, Alice Poker a connu plusieurs ennuis avec la justice américaine pour ivresse, mais aussi à cause de son activité professionnelle. Graciée à 75 ans au regard de son âge, Alice a notamment déclaré : « Je pourrais tricoter comme les personnes de mon âge, mais je préfère jouer au poker avec des experts plutôt que de manger. »