Poker : quand des pros décryptent les débats politiques !

À moins de vivre dans une grotte depuis longtemps, vous savez que la campagne présidentielle fait rage dans les médias, pour savoir qui succédera à Barack Obama en devenant le 45e président des États-Unis. Les débats s’enchaînent et ne se ressemblent pas, les équipes de communication des deux candidats sont deux armées surentraînées, et les analystes de ces joutes verbales sont à l’affût du moindre signe. Oui, mais qui serait meilleur qu’un joueur de poker professionnel pour décrypter les signes qui ne trompent pas ? Voici un florilège de commentaires des grands joueurs de notre époque.

Mike Matusow, le pro-Trump accusateur.

Le joueur de poker, orienté républicain, a été surnommé « la bouche » il y a des années, et il se montre aujourd’hui à la hauteur de cette réputation. Il ne mâche pas ses mots ! D’ailleurs, c’est un des joueurs les plus bavards autour d’une table de poker.

« Le fait de lire l’adversaire, d’exploiter ses faiblesses […] [est] totalement du domaine du poker. […] »

Comme des millions d’Américains, Matusow a suivi le premier débat télévisé entre Hilary Clinton et Donald Trump. Il considère que la candidate démocrate a triché en portant une oreillette qui lui aurait soufflé les arguments et contre arguments tout au long de cette bataille politique. Les personnes qui y voient un reflet de lumière diront que Mike veut décrédibiliser la partie démocrate en s’attachant aux théories du complot. On en doute plus, le joueur est totalement du côté du richissime candidat républicain. Même si, il l’avoue à demi-mot, il pense qu’Hillary a de meilleures chances de gagner face à Trump.

Daniel Negreanu, le fervent supporter démocrate

Il a gagné le Championnat de H.O.R.S.E cette année, et commente à présent l’actualité politique, juste le temps de donner son avis sur la question. Il a tenu, avant cela, à préciser que le fait de lire l’adversaire, d’exploiter ses faiblesses et de minimiser ses forces était totalement du domaine du poker, autant que du domaine politique.

Negreanu avait prévu que Trump peinerait à se faire apprécier du public, car il a pris l’habitude de discourir sur une scène beaucoup plus peuplée et animée par la foule, sans nul doute ce silence relatif l’a déstabilisé. Cependant, il aurait voulu voir un peu plus d’agressivité de la part d’Hillary, même si elle a réussi à garder son calme face aux attaques virulentes du Républicain.

Doyle Brunson, le républicain qui ne veut pas de Trump

La légende du poker de 83 ans est anti-Hillary au possible et ne se le cache pas. Il a d’ailleurs échangé via Twitter quelques propos fleuris avec une autre pointure du poker, Vanessa Selbst. Il déplore les mensonges d’Hillary Clinton et critique violemment sa collègue sur l’éthique du poker. Malgré sa position clairement républicaine, et son support apparent pour les idées radicales de Trump, il n’est pas particulièrement en accord avec ses valeurs personnelles.

Phil Hellmuth, l’observateur

Plus que par les idées fondatrices de chacun, Hellmuth, auto-proclamé « sale gosse du poker », a analysé de près les performances des deux candidats à la Maison Blanche. Il a qualifié Hillary de « très professionnelle ». Il avoue qu’elle a fait un très bon travail, que l’attaque lui allait finalement bien, puisqu’elle a mis en lumière deux défauts majeurs de Trump qui sont rédhibitoires pour un président : un manque d’expérience évident et un tempérament impulsif.

Le joueur professionnel a tout de même équilibré la balance en chantant les louanges du magnat de l’immobilier. Il a en effet considéré qu’il avait eu l’air très « présidentiel », qu’ « il ne s’est pas tiré de balle dans le pied alors qu’il aurait pu déraper plusieurs fois ». Hellmuth estime que Trump joue la carte de l’outsider à merveille.

Les discours de tous ces joueurs sont très influencés par leurs propres opinions politiques, et nous attendons avec impatience le prochain débat télévisé pour analyser, nous aussi, les faits et gestes des deux candidats. Qui sait, peut-être sommes-nous meilleurs joueurs de poker que nous le pensons ? En effet, ce métier nécessite de « lire » les gens. À vos télévisions !